MELODY

Play
Pause

Nos pages sont les vôtres : Mon Liban Pixellé

Photo by Nada Karam

Libanaise, née juste après le début de la guerre de 1975, j’ai grandi avec les bombes comme décor du quotidien. Fuir vers le Nord pour se réfugier au village, y passer des mois, des années, au fil de guerres successives, était devenu normal.

Pourtant, rien de tout cela n’est normal. Être enfant, adolescente, puis femme dans cette continuité de tensions est irréel. Il faut une force de survie ou “résilience”, comme nous, Libanais, aimons si bien l’appeler.

Au village, paradoxalement, c’était la belle vie. Tous ceux qui avaient fui de régions blessées s’y retrouvaient, et il y avait une forme de douceur au cœur du chaos.

Puis le 4 août 2020 est venu laisser une blessure immense. Et les guerres ont continué : 2024, 2026… toujours en cours, avec l’espoir d’une fin proche et d’une paix durable. Vivre dans ce petit pays, c’est avancer sur un tapis roulant : rester sur place, sans jamais vraiment pouvoir planifier à long terme.

La peinture est mon oxygène. À travers elle, je me perds et me sens pleinement vivante. Elle est mon refuge, ma bulle de joie et de lumière malgré toutes les intempéries.

Pour moi, le Liban est toujours en couleurs. En pixels. C’est ainsi que je le représente sur mes toiles : un refus profond de peindre la laideur, un choix de ne voir que la beauté du monde… de mon monde.